Revue de presse du 9 au 20 janvier 2017

20 janvier 2017

Et nous ne verrons pas notre théâtre

Dans le dernier numéro de la revue Jeu (no 161), l’auteur Gabriel Plante s’est emparé de la rubrique « Coup de gueule » pour nous témoigner son indignation quant à l’incapacité du milieu théâtral à prendre son destin en main et à peser de tout son poids sur la société civile et l’appareil politique. Cette idée sera réaffirmée et précisée un mois plus tard (le 12 janvier dernier) dans une nouvelle chronique, intitulée Pour en finir avec l’héroïsme : « Négocier avec le pouvoir politique sans rapport de force, ça n’aboutit pas en réinvestissements significatifs ». Refusant le fatalisme ambiant s’incarnant dans la phrase trop souvent entendue – « On ne peut plus vivre du théâtre. Oublie ça, c’est fini. » –, Gabriel Plante affirme que notre impuissance tient à la méconnaissance du mal qui nous ronge : « On sait tous qu’il faut réinvestir en culture mais l’on ne sait ni combien ni comment. C’est pourquoi on n’a aucune base pour imaginer une pratique en santé. C’est dommage, parce qu’en attendant qu’on ait identifié clairement le problème et qu’on puisse chiffrer une solution, il y a des artistes qui sont dans l’antichambre de leur théâtre ».
 

Le FET en force

Début décembre est né le mouvement Femmes pour l’équité en théâtre (FET). L’objectif est de dépasser le temps des constats établis depuis des années sur le faible nombre de pièces et de mises en scène de femmes présentées dans les théâtres au Québec. Dans le cadre de ses profils statistiques, le CQT s’était penché régulièrement sur l’enjeu de l’équité femme/ homme, soulignant les écarts de rémunération et faisant état des différences selon le sexe du nombre de contrats attribués et de textes écrits chez les interprètes, concepteurs et auteurs. Le collectif Femmes pour l’équité en théâtre, réunissant quelque 150 femmes de théâtre, a choisi le temps de l’action : « À peine deux mois après sa création, il compte déjà un comité de recherche, un comité politique, un comité de sensibilisation et un comité délégué aux communications ». Au programme : des rencontres avec les gouvernements, les directions de théâtre et des actions de sensibilisation en milieu scolaire.


Ça bouge en Belgique

En Belgique, les arts de la scène se dirigent vers un accord intersectoriel. Unis pour porter leurs revendications auprès de la ministre de la culture Alda Greoli – à l'origine d'une réforme controversée du système d’aides publiques en culture – les représentants des différents secteurs des arts de la scène dénoncent la précarisation croissante qui touche l’emploi artistique.
 
« Pour rappel, le secteur dénonce la non-indexation de ses subventions depuis 2008 (ce qui, en neuf ans, "représente 15 % en moins pour fonctionner", souligne Michel Kacenelenbogen, directeur du Théâtre le Public) : une lacune répercutée essentiellement sur la part artistique. Ce gel s’est assorti en 2015 d’une réduction linéaire de 1 % de l’enveloppe dévolue aux arts de la scène, soit l’équivalent de 400 000 euros ».
 
Pour mieux comprendre l’étendue de la crise :  Tout le paysage théâtral va changer : cris et défis