Retour sur la Conférence-débat du 15 décembre 2016

 
Quatre-vingts personnes se sont retrouvées l’après-midi du 15 décembre au théâtre Prospero pour s’entretenir librement de l’imaginaire théâtral québécois. Née des discussions du comité Avenir du théâtre dont le mandat est précisément de réfléchir au développement artistique du théâtre québécois, cette conférence-débat animée par Dominique Leduc s’est proposé d’effectuer un état des lieux de la pratique théâtrale au Québec. Cet espace de dialogues, mis à la disposition du milieu théâtral professionnel, a suscité un vif intérêt des participants qui ont émis le souhait que le CQT organise d’autres conférences-débats tout au long de la nouvelle année.
 
Neuf panélistes étaient invités : Anna Beaupré Moulounda, auteure et comédienne, Alexandre Cadieux, enseignant et critique théâtral, Martin Faucher, metteur en scène et directeur artistique, Marie-Ève Huot, auteure, directrice artistique du Théâtre Ébouriffé et codirectrice artistique de la compagnie Le Carrousel, Angela Konrad, metteure en scène, dramaturge et directrice artistique de la compagnie LA FABRIK, Anick La Bissonnière architecte et scénographe, Christian Lapointe auteur, metteur en scène, comédien, enseignant et codirecteur artistique du Théâtre Blanc, Pierre Lefebvre, rédacteur en chef de la revue Liberté et Jérémie Niel, metteur en scène et directeur artistique de la compagnie Pétrus.
 
Au cours de cet après-midi de discussions organisé en trois temps, il a notamment été question des courants esthétiques et de l’évolution des langages scéniques, de dramaturgie, des mécanismes sociaux, politiques et économiques qui surplombent le processus de création, de la signification des œuvres, de leur portée au sein de la société, de leur réception par les publics, d’éducation artistique, de recherche théâtrale, de la diversité, mais aussi des moyens de production et des nouvelles structures ou pratiques à développer pour favoriser la création.
 
Après une première partie qui s’attachait à montrer que le théâtre québécois d’aujourd’hui est le produit d’une évolution historique, la suite de la conférence donnait lieu à une multiplication d’échanges entre les invités panélistes et la salle. L’incapacité du théâtre québécois de s’emparer de la question politique, la nécessité d’une prise de risques dramaturgique, l’emprise croissante de la logique marchande sur le processus de réalisation d’une œuvre théâtrale, la réhabilitation de l’imaginaire du spectateur, le désir de dépasser les contraintes de production pour s’inscrire dans des lieux de création permettant une exploration de l’écriture scénique dans le temps et dans l’espace ou encore la pratique du « colorblind casting » ne constituent qu’une infime partie des idées évoquées et débattues lors de cette conférence.
 
Vous pouvez dès à présent écouter l’intégralité des débats et lire les lettres d’Anne Millaire et de Philippe Soldevila qui, ayant assisté à la conférence ont souhaité nous partager leurs commentaires. De plus, Jessie Mill a aimablement accepté que son article Le théâtre qui nous manque : Le théâtre québécois engendre-t-il encore des « avant-gardes » ?, publié dans la revue Liberté (no 314, Hiver 2017), vous soit accessible en consultation libre. 
 







Crédits photos Valérie Remise