Chroniques de fin d'année 2017

20 décembre 2017

L'équipe du CQT vous souhaite de joyeuses fêtes
et une période de douces folies. 
Que de belles aventures théâtrales
soient au rendez-vous pour 2018 !


Nos bureaux seront fermés du 20 décembre 13 h au 7 janvier. 
Nous nous reverrons dès le 8 janvier pour le début d'une nouvelle année
que nous espérons riches en promesses tenues !

 


 DOSSIERS DU MOIS 

► Cachez cette cigarette que nous ne saurions voir !

Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées
Tartuffe, III, 2

 
Plusieurs articles relataient cette semaine l’affaire de la cigarette allumée sur scène au Théâtre du Trident. La production Le cas Joé Ferguson a écopé d’une amende de 682 $ à la suite d’une plainte déposée par un spectateur incommodé par la fumée au cours d’une représentation de la pièce. Plusieurs jours après l’incident, l’auteure Isabelle Hubert publiait dans Le Devoir une lettre ouverte dans laquelle elle demandait la création d’un statut d’exception pour les théâtres. Un aménagement de la loi qui ne semble pas, pour l’instant, à l’ordre du jour selon Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique.
 
Ce qui est regrettable dans cette histoire, ce n’est pas tant l’amende qui a été infligée dans le strict respect de la loi par les inspecteurs, lesquels ont l’obligation de traiter toutes plaintes déposées, mais plutôt la folie procédurière de notre époque. Peut-on encore concevoir les rapports humains autrement que sous l’angle du conflit judiciaire ? Que ce spectateur choisisse d’emblée le geste de rupture en déposant une plainte témoigne d’une incompréhension de ce qu’est le théâtre - art de relation et de représentation - et illustre le chemin qu’il reste à parcourir dans le rapprochement avec les publics. Rappelons que le théâtre n’a pas vocation à faire la promotion du tabac mais simplement, comme le dit Isabelle Hubert, à « présenter le monde tel qu’il est », y compris dans ses aspects déplaisants. Vouloir faire disparaître à tout prix de l’espace public toutes traces de la cigarette, c’est prendre le risque de renforcer paradoxalement son attrait et donc de produire l’effet inverse de celui recherché. Cette pudibonderie tartuffienne n’a aucun sens. En outre, l’enjeu ne peut être ici celui de la santé publique puisque la cigarette incriminée au Théâtre du Trident ne contenait pas de nicotine.
 
Alors que faire ?
 
Lucie Charlebois l’a rappelé, les inspecteurs ne se rendent pas d’eux-mêmes dans les théâtres, ce qui équivaut de fait à l’instauration d’une certaine flexibilité. Tolérer davantage reviendrait à ne pas appliquer la loi. Ne reste alors qu’une seule solution : l’aménagement de celle-ci. Dès lors, pourquoi ne pas introduire des exceptions dans la loi, par exemple pour des pièces mettant en scène des personnages historiques connus pour être des fumeurs invétérés ? Ou lorsque la cigarette (aux herbes) est utilisée «  dans un contexte correspondant à ce qui est accepté en société » (un personnage fumant chez lui ou à l’extérieur) ?

► Politique québécoise de la culture

Publiée dans Le Devoir du 15 décembre, la lettre « L’urgence d’une nouvelle politique culturelle » remise à M. Philippe Couillard, premier ministre et aux ministres du gouvernement québécois rédigée par les coprésidents du CQT, Brigitte Haentjens et David Lavoie, en collaboration avec une dizaine d'artistes a été signée par 1 485 artistes, travailleurs culturels et amateurs d'art

Le 16 décembre dernier, Véronique Côté a également réitéré, dans une chronique parue dans Le Devoir, la dégradation des conditions de travail des artistes depuis quelques années. Elle dépeint une réalité et un combat qui n'a malheureusement pas beaucoup changé depuis la mise en place de la première politique culturelle québécoise : « La neige était noire il y a vingt-cinq ans, et il semble donc que tout ait irrémédiablement continué à s’assombrir ».

À la suite d'une rencontre du comité directeur de la Coalition la Culture le Coeur du Québec, dont fait partie le CQT, avec la ministre Marie Montpetit, nous apprenions que la nouvelle Politique québécoise de la culture serait déposée en mars 2018. La politique sera accompagnée d'un plan d'actions ainsi que de mesures budgétées. Le comité directeur poursuit ses rencontres avec différents ministres et demeure vigilant quant à la poursuite de ce processus.

► Développement d'une politique contre le harcèlement sexuel et toutes formes de violences

Le comité formé à l'UDA le 3 novembre dernier, constitué de représentants d'associations et regroupements du milieu artistique, dont le CQT, divulguait une déclaration pour un environnement de travail exempt de harcèlement qui témoigne de l’engagement du milieu culturel à l'occasion du Forum sur les agressions et le harcèlement sexuels organisé par la ministre de l’Enseignement supérieur et ministre de la Condition féminine, madame Hélène David. La déclaration a été signée par une trentaine d'organisations culturelles.


Le comité travaille également activement à la rédaction d'un code de conduite visant la « tolérance 0 » et pouvant être affiché dans les lieux de travail. Quant à la mise en place d’un guichet unique pour le milieu permettant à toutes les victimes de porter plainte en toute neutralité, confidentialité et indépendance, les membres du comité examinent les initiatives déjà mises en place telle la « ligne 1-800 Relais-construction » pour le secteur de la construction ainsi que l'offre de services de Juripop. Finalement, le comité formation, mandaté pour l'implantation d’activités de formation, travaille présentement à l’élaboration d’un questionnaire qui servira à faire le portrait de l’ensemble des activités existantes et des besoins des différentes branches du secteur culturel. 

► Des ponts entre l'éducation et la culture

À la suite des menaces des commissions scolaires de couper les sorties culturelles à leurs élèves si la gratuité scolaire n'englobait pas également ces activités, il semble évident que le besoin de ponts entre l'éducation et la culture devient de plus en plus urgent. « Le tiers des futurs enseignants n’ont jamais vu de spectacles en sortie culturelle. Il faut créer des habitudes, stimuler l’enthousiasme ». Heureusement, des initiatives comme celle des « Passeurs culturels » à Sherbrooke se mettent de plus en plus en place. La Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke croit en l'importance de développer la sensibilité aux arts dans la formation des enseignants pour pouvoir la transmettre aux élèves par la suite. Les étudiants de quatre programmes de premier cycle en enseignement ont accès gratuitement ou à moindres coûts à des spectacles d'arts vivants. De plus, des outils pédagogiques leur sont offerts pour mieux explorer ses oeuvres.

► Stratégie numérique du Québec

Le lancement de la Stratégie numérique du Québec a eu lieu le 13 décembre dernier. La Stratégie numérique contient sept orientations stratégiques et sept cibles. La 7e orientation « Notre culture, chez nous, partout » vise à « favoriser la visibilité et le rayonnement de la culture dans l'environnement numérique » et à « accroître l'engagement des citoyens aux arts et à la culture d'ici ». Cette orientation permettrait notamment aux arts de la scène de se rapprocher de son public et d'élargir ses possibilités de diffusion. + Consulter le sommaire de la Stratégie numérique du Québec.

 SERVICES À LA COMMUNAUTÉ 

► Perfectionnement professionnel

Du 16 au 18 janvier, le CQT vous offre un atelier de formation continue vous permettant d'optimiser la préparation d'une demande de subvention.

À la suite de cette formation, les artistes et les organismes du milieu théâtral seront en mesure de :
Mieux rédiger leurs demandes de subvention pour les programmes de bourses ou de subventions offerts par les différents conseils des arts;
  • Maîtriser la manière de présenter des dossiers de qualité susceptibles d'obtenir des réponses positives;
  • Reconnaître le contexte de compétition dans lequel ils évoluent;
  • Comprendre le processus qui participe à la prise de décision d'un jury de pairs;
  • Établir une planification budgétaire qui répond aux attentes des programmes des conseils des arts.

Il ne reste que quelques places disponibles, dépêchez-vous !
Date limite d'inscription : 9 janvier 2018
 


Photo Affiches de la campagne « Sans oui, c'est non! » © Radio-Canada