Rassemblement du 24 avril : état d'urgence pour les arts et les lettres

Lundi 24 avril, près de 600 personnes issues du milieu des arts et de la culture se sont rassemblées sur la Place d’Armes, à l’initiative du CQT et du Mouvement pour les arts et les lettres pour exprimer leur indignation quant à l’absence d’investissements du gouvernement du Québec dans les programmes de base du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Alors que les coûts de production et le coût de la vie augmentent inlassablement, le financement public de la création, de la production et de la diffusion ne cesse de décroître. Le Devoir, le Journal de Montréal et la Presse étaient présents pour couvrir l’événement. Tous ont relayé les revendications du CQT et du Mouvement de porter dès maintenant le budget du CALQ à 135 M$. Le temps presse, car le CALQ s’apprête à évaluer les demandes de subventions des organismes pour les quatre prochaines années.
 
Face à cette situation, le gouvernement met notamment en exergue les investissements, nécessaires, qui ont été réalisés dans les infrastructures culturelles. Pour autant, à l’intérieur de ces murs, les artistes ne disposent pas de ressources suffisantes pour produire comme l’a affirmé Sophie Cadieux, marraine du rassemblement : « On construit des lieux magnifiques et nécessaires, mais les artistes qui y résident n’ont plus de ressources pour produire! L’existence et l’essence du lieu sont menacées parce qu’on ne pense pas à ceux qui vont y œuvrer ».
 
Philippe Papineau du Devoir a mis particulièrement l’accent sur l’étude des crédits budgétaires qui avait lieu le 24 avril en après-midi à l’Assemblée nationale du Québec, lors d’une séance de travail de la Commission de la culture. Le ministre de la Culture Luc Fortin a notamment répondu aux questions d’Agnès Maltais, porte-parole en culture pour le Parti Québécois, qui l’invitait à répondre à la demande du milieu des arts et ainsi à venir en aide au CALQ en puisant, par exemple, dans le Fonds de suppléance, réserve de crédits gouvernementaux servant de variable d’ajustement : « D’une part, le ministre a souligné que le CALQ "était une priorité" pour lui, refusant toutefois d’aller puiser dans le Fonds de suppléance. M. Fortin a toutefois affirmé qu’il allait "s’assurer de bien dépenser les marges de manœuvre que nous avons au sein de notre ministère", issues de dépenses devancées au cours de l’exercice financier précédent. "J’entends les demandes du CALQ, j’en suis totalement conscient." »
 
Au sujet de l’arrimage manqué entre le nouveau modèle de financement du CALQ et la politique culturelle du Québec attendue à l’automne 2017, le ministre a affirmé que le plan d’action et les budgets ne seraient présentés qu’en 2018.
 
« S’il y a un décalage entre l’évaluation et la nouvelle politique, ça n’empêche pas que les budgets puissent être bonifiés dès l’année prochaine. […] Il y aura tout simplement plus d’argent pour les projets soutenus ».
 
De toute évidence, les artistes, travailleurs culturels et amoureux des arts qui s’étaient réunis lundi, sur la Place d’Armes, sont déterminés à poursuivre l’action. Par leur présence exceptionnelle dans la rue, ils ont envoyé un signal fort au gouvernement.